Ma relation avec Saint Joseph…

Tout cette histoire commence avec mon ami Fernand, le menuisier-sculteur

Un saint au paradis qui doit être bien fier de son émule!

Lors d’une entrevue qu’il accordait au journaliste de TQS, Jean Lajoie, Fernand Guillette (un artisan menuisier-sculteur de grand talent) admit qu’il vouait une grande dévotion à Saint-Joseph. Forcé de prendre sa retraite à 58 ans pour des raisons de santé, Fernand demanda au saint menuisier de l’aider à sculpter ses premiers chevaux en bois. Ce dont il rêvait de réaliser depuis plusieurs années.

Fernand savait qu’il était bon menuisier, mais sculpter des chevaux, ça demande un talent qui sort de l’ordinaire. Quand on sait combien c’est difficile de dessiner un animal et qu’on voit ce qu’a accompli Fernand avec sa collection, on ne peut faire autrement qu’admirer le talent de cet artiste!

Ainsi débuta la carrière de Fernand Guillette comme artisan-sculpteur-menuisier… et un rêve devenait réalité pour lui. La collection de Fernand compte aujourd’hui plusieurs dizaines de pièces et chacune représente un souvenir de jeunesse pour lui. ( En 2006, j’ai publié un siteweb sur son oeuvre : Musée Fernand Guillette pour le faire connaitre au monde entier sur l’Internet. Le siteweb n’est plus exposé mais j’ai un video du site comme souvenir que vous pouvez voir ailleurs sur ce site)

Nous sommes du même âge (85 ans) et partageons plusieurs expériences que la vie nous a enseignées. Comme Fernand, je suis un passionné, j’aime les gens francs qui savent ce qu’ils veulent et qui apprécient le plus beau cadeau que Dieu nous a donné, la VIE.

Fernand, Saint Joseph et moi…

Une autre qualité de Fernand, c’est qu’il a le sens de l’humour et il ne se prend pas trop au sérieux. Je me suis rappelé en jasant avec lui, que j’avais, moi aussi, cru au pouvoir de Saint Joseph d’intercéder auprès de son Fils Jésus pour obtenir une faveur… méritée, bien sûr.

C’était au début des années 60. Comptable à petit salaire, j’étais marié à Lise, nous avions 3 enfants, des dettes de quelque 4,000$ pour des factures de médecins, hôpital, etc. (Oui, à cette époque-là, on payait tout. L'<état providence> n’existait pas encore. Il n’y avait pas de RAMQ ni d’assurance médicament, ni d’allocations familiales comme aujourd’hui, pas de garderie). Rien de tout ça et, oui, on payait aussi de l’impôt et des taxes de vente.

C’était le bon vieux temps…

Pour limiter la famille, la pilule n’existait pas. On utilisait la méthode Oginos  – Quand tu en avais le goût (de faire ce qu’on fait pour avoir des enfants), tu ne le faisais pas, car c’était trop dangereux d’augmenter la famille. Les 6 ou 7 jours qui restaient dans le mois, tu pouvais le faire car ce danger n’existait plus, mais tu n’en avais pas le goût! :0(

Je gagnais alors la fabuleuse somme de 300$ par mois, comme comptable dans un hôtel. Pour une famille de 5 personnes, c’était pas beaucoup.

Une compagnie d’assurance, m’offrit un poste de vendeur. Je pouvais recevoir une avance sur les commissions à venir de 100$ chaque semaine. Naturellement, j’avais la possibilité de gagner beaucoup plus que cela selon mes ventes.

J’ai accepté ce nouvel emploi et tout alla bien les premiers mois. Je voulais gagner beaucoup d’argent en vendant de grosses polices d’assurance. J’étais payé selon mes efforts et mon habileté dans la vente.

J’avais offert à mes anciens patrons de l’hôtellerie une proposition d’assurances qui m’aurait rapporté quelques 4,500$ de commission. Imaginez… J’aurais pu payer toutes mes dettes d’un seul coup. J’aurais été riche parce que comme on disait dans le temps – Qui paye ses dettes s’enrichit!

Saint Joseph et les vendeurs…

C’est ici que je fais appel à Saint Joseph, parce que c’était le saint préféré de ma mère et elle n’avait jamais été déçue… Peut-être que ses demandes étaient moindres ou plus raisonnables que celle que j’allais faire…

Je n’avais rien à perdre. Alors, j’ai fait une proposition en bonne et due forme à Saint Joseph. Si j’obtenais cette commission, je verserais 10% pour les oeuvres du Frère André, bien connu dans le temps pour les miracles qu’on lui attribuait. Il m’a semblé que Joseph était d’accord, et son Fils aussi!

Avec mes 2 cousins qui avaient aussi des faveurs à faire exaucer, on décide de marcher de St-Jérôme à l’Oratoire Saint Joseph, situé à quelque 36 milles de là. Le 19 mars, c’est la fête de Saint Joseph et c’est un grand jour de réjouissances à l’Oratoire.

Habituellement, on fait une neuvaine qui se termine le 19 mars et si l’on n’a pas manqué une journée, on est à peu près assuré d’être exaucé en fonction du degré de foi qu’on a. Pour nous, on estime qu’une marche de 36 milles compenserait amplement pour le fait qu’on n’avait pas fait la neuvaine depuis le début.

Le départ a lieu le 18 mars vers 18 heures après le souper. Mes 2 cousins, plus intelligents que moi, ont chaussé des bottines de marche. Moi, j’avais une belle paire de souliers comme en portent les gens qui travaillent dans un bureau… et cette année-là, la mode était aux souliers pointus!

La marche… un calvaire pour moi!

Aucun problème pour les premiers 13 milles (20km). On marche allégrement et on arrête pour manger à Ste-Thérèse. C’est là que les choses commencent à se gâcher pour moi. Lorsque je me lève de table après avoir mangé, j’ai mal partout, surtout aux pieds. Pas question d’enlever mes souliers pour me masser les pieds comme j’ai envie de le faire… Je n’aurais pas pu remettre mes souliers tellement mes pieds étaient enflés.

On reprend la marche et c’est de plus en plus difficile pour moi. Les derniers 10 milles surtout… Un vrai purgatoire, et ce n’est pas rien que mon âme qui souffre!

On doit s’arrêter souvent et s’assoir sur le côté du chemin dans le banc de neige… Résultat : un fond de culotte de plus en plus humide, de plus en plus inconfortable! Mon cousin s’arrête dans une pharmacie ouverte la nuit à Ville St-Laurent pour s’acheter un pot d’onguent Préparation H. C’est vous dire les souffrances; moi ce sont les pieds, et lui, c’est là où le dos perd son nom…

Ce qu’on aurait payé pour un bon bain chaud… mais il fallait continuer! Chaque pas exigeait toute mon énergie et mon courage.

Je ne pouvais m’empêcher de penser au Fils de Saint Joseph qui avait dû lui aussi marcher et endurer son Calvaire. Au moins, je n’avais pas eu à porter de croix comme il avait dû le faire… le poids de mes péchés me suffisait pleinement. Heureusement, je n’ai pas chuté 3 fois comme lui, car je n’aurais jamais pu me relever tellement je tombais de fatigue.

Enfin, on arrive à l’Oratoire.

Après avoir marché toute la nuit, nous sommes arrivés à l’Oratoire juste avant la messe de 10 heures. Quand j’ai vu toutes ces marches (que certains pèlerins montent à genoux parait-il), je n’ai pas été capable de rassembler assez d’énergie pour commencer l’ascension de l’escalier. Ceux qui l’ont déjà vu comprendront mieux ce que j’ai ressenti à sa vue. Il semble monter vers le ciel tellement il est haut. Vraiment impressionnant!

Malheureusement, je n’ai pas pu réaliser l’objectif de célébrer la fête de Saint Joseph dans l’Oratoire ce jour-là. J’ai dû abandonner alors que j’étais si près du but!

Je sentais la fumée tant j’étais brûlé!

J’ai demandé à Joseph de comprendre et de ne pas insister – ce qu’il n’a pas fait d’ailleurs, ni son Fils qui a aussi compris la situation! Après tout, ils étaient bien placés là-haut pour voir ce qui c’était passé cette nuit-là et me juger.

Le retour à la maison, quel soulagement!

Rendu chez moi, j’ai enfin pu enlever mes souliers… Les enfants étaient là et lorsqu’ils ont vu le sang que j’avais entre les orteils, ils se sont mis à pleurer. Quelle tristesse!

J’ai dormi pendant 24 heures en ligne et j’ai perdu 11 livres à cause du pèlerinage. Attention : si vous avez du poids à perdre rapidement… je ne vous conseille pas cette méthode. Trop dure! Et le poids perdu? Repris dans les jours suivants.  :O(

Je n’ai pas pas eu mes $4,500 de commission car mon ancien patron avait acheté le plan financier, que je lui avais présenté, d’un autre agent de la compagnie. C’est donc cet agent qui a encaissé la commission de la compagnie d’assurance. J’ai appris par la suite qu’il l’avait partagé avec mon ex-patron. Bien sûr que j’avais protesté auprès de la compagnie mais dégoûté, j’ai réalisé que je n’étais qu’une poussière dans cet univers anglo-saxon de Montréal. (J’avais été l’assistant de cet ex-patron pendant 5 ans, a un salaire de misère… Une belle marqye d’appréciation – un vrai bon patron,  quoi*!!@))

C’est à ce moment là que j’ai eu des doutes sur l’efficacité de mon arrangement avec Saint Joseph. Non seulement je n’ai pas reçu cette commission que j’avais pourtant gagnée, mais je m’étais tapé 16 heures de marches en pleine nuit pour rien. Cependant, mes 2 cousins ont été exaucés et étaient reconnaissant pour les faveurs obtenues.

Peut-être avais-je été trop mercantile dans mon approche avec Joseph? Pourtant, certains juifs sont reconnus pour aimer faire du business…comme ceux qui opéraient dans le temple de Jérusalem.

Un oubli important, cause probable de l’échec de mon plan…

J’avais oublié que Jésus avait chassé les vendeurs du temple à coup de fouet… Il était en colère… et il n’avait pas démontré beaucoup d’amour du prochain pour ces marchands, des gens qui chargeaient des commissions sur l’échange d’argent ou d’or. On comprend par ce geste qu’Il n’aimait pas les combines du genre que font les lobbyistes qui exigent un paiement de leurs clients en échange de faveurs obtenues de la classe politique.

Voyez-vous ça… Si tous les vendeurs faisaient comme moi et demandaient l’aide du ciel et promettaient une commission ou ristourne pour faveur obtenue? Les consommateurs y goûteraient sans bon sens et subirait une augmentation de prix inmanquablement!

Tout le monde voudrait être vendeur! Ce serait l’enfer – et ça – le ciel ne peut coopérer à un tel état de choses!

Ensuite, ce serait au tour des avocats de vouloir fonctionner à pourcentage pour ’causes gagnées’. On n’en finirait plus! (Espérons qu’il n’y a pas de saint qui veuille patronner les avocats…)

Pour moi, finis les intermédiaires et les promesses de paiement pour faveur obtenue!

Ce fût la dernière fois que j’ai fait affaire avec Saint Joseph. Depuis cet échec là, je négocie directement avec le GRTC (Grand Responsable de Toute la Création) et je ne l’ai jamais regretté.

C’est simple, c’est direct et ça ne coûte rien!

J’ajoute toujours – « ou MIEUX » dans mes demandes ou prières- « Je veux ceci ou cela… ou MIEUX ! » Ne sachant pas ce qui est MIEUX pour moi parce que je ne connais pas l’avenir, j’aime mieux laisser le GRTC me guider. Quand je n’obtiens pas ce que je veux, je me console en me disant que c’est ce qu’il y a de MIEUX pour moi. Ce n’est peut-être pas mon premier choix mais c’est mieux que RIEN.

Je n’ai pas obtenu la commission espérée mais j’ai eu mieux que ça!

Pour résumer, je n’ai pas eu l’argent de la commission de la compagnie d’assurance pour payer mes dettes. J’ai dû changer d’emploi – je ne pouvais sûrement pas travailler pour cette compagnie qui m’avait passé tout un Québec, comme on dit. Pas fiable ce monde là!

Lorsque je suis arrivé chez moi après avoir appris la nouvelle que je m’étais fait fourr…… (organiser), en quelques minutes, j’avais vidé mon bureau et mis toute la paperasse de la compagnie d’assurance dans des boîtes. Ensuite, j’ai foutu le tout dans le camion de vidanges qui passait justement dans ma rue ce jour-là. J’étais soulagé par ce geste de débarras… mais j’étais maintenant sans emploi!

Une chance que la nature a horreur du vide…

Je me suis assis à mon bureau le même jour, j’ai préparé quelques CV et je les ai envoyés dans certains hôtels des Laurentides. Une semaine plus tard, je commençais à travailler au Gray Rocks Inn à St-Jovite. Un emploi bien payé et avec d’excellentes conditions de travail.

Ma famille et moi y avons vécu les quatre plus belles années de notre vie en 1960… Et en peu de temps, j’avais payé toutes mes dettes! J’étais enfin devenu un homme riche!

Des fois, je me dis que quelqu’un dans la Sainte Famille en haut a intercédé pour moi et fait comprendre à Joseph que ce n’était pas moi qu’il fallait punir — au contraire. Il y avait plein de gens à la compagnie d’assurance qui le méritait, il y avait aussi l’ex-patron à ne pas oublier s’il devait y avoir punition! (Je lui ai pardonné 50 ans plus tard lorsqu’il est décédé)

Tout est bien qui finit bien

J’avais demandé $4,000 et j’ai obtenu beaucoup plus que ça en argent… Et comme boni – j’ai eu la joie de connaître le bonheur sous toutes les formes avec ma famille pendant 4 bells années à St-Jovite. Thank you God!

 Chacun sa façon d’obtenir des faveurs…

Pour conclure, j’ai fait remarquer à mon ami Fernand, que Saint Joseph était le patron des menuisiers et tout le monde sait qu’entre menuisiers on s’entraide. C’est pour ca qu’il avait obtenu tant de coopération de la part de Joseph. Remarquez que Fernand n’a rien promis à Saint-Joseph. Il a quand même été exaucé. Moi,  j’ai marché 36 milles…

Ce pourrait-il que ces saints-là, dans leur béatitude ne veulent rien en retour des faveurs rendues? Pas étonnant quand on y pense… ils n’ont besoin de rien là-haut! Vous voyez comme le mot RIEN a de la valeur!

Quand à moi, ce fut une erreur de vouloir faire des affaires avec un seul membre de la Sainte Famille, fût-il aussi influent que Saint Joseph. C’est clair maintenant que dans la famille, il y avait quelqu’un qui n’aimait pas les vendeurs et ce fût une erreur d’essayer de marchander une faveur en échange d’un paiement quelconque.

Ma méthode aujourd’hui est plus simple…

Comme Jésus l’a dit :

Demande,  Crois que tu l’as – et tu l’auras!

Puisque je l’ai déjà,  je ne demande rien et je remercie la Source de me m’avoir donné ce que j’ai déjà reçu!

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